LES 7 TERRAINS CHANBIO

                   SPÉCIFICITÉ INDIVIDUELLE ET NOTION DE TERRAIN

Chaque humain dispose au départ d’un capital génétique donc enzymatique qui lui est propre. De rares personnes privilégiées jouissent d’une excellente génétique et d’un bon capital enzymatique qui leur permet de résister à leurs excès de tous ordres. D’autres à l’inverse sont particulièrement fragiles et atteintes de maladies malgré une hygiène de vie irréprochable.

En revanche, la grande majorité des individus possède un capital enzymatique moyen et l’état de santé est intimement lié à l’hygiène de vie, donc à l’environnement et à l’acquis. En fonction des erreurs alimentaires, du mode de vie plus ou moins stressant, de certains facteurs psychologiques et des pollutions, les désordres biologiques et les troubles fonctionnels apparaîtront ou non.

Le terrain biologique est soumis à l’influence des multiples facteurs que nous venons de citer et peut se trouver déséquilibré, ce qui favorise l’apparition d’une série de troubles plus ou moins spécifiques (affections cutanées, fatigue nerveuse, fragilité osseuse, altérations des fonctions organiques … ) qui ne sont que les signes extérieurs de perturbations biologiques internes.

Ce terrain biologique est différent des terrains homéopathiques et des terrains diathésiques de Ménétrier.     A partir du mode de vie de la personne à l’origine de carences en oligoéléments, vitamines, acides gras … et en tenant compte d’intoxications diverses, de troubles fonctionnels caractéristiques, expression localisée de désordres plus profonds, notre expérience a permis de distinguer 7 terrains biologiques différents:

Carencé

Hypoglycémique

Acide

Neurodystonique

Baso-colitique

Intoxiqué

Oxydé-Dénaturé

Un programme informatisé loMET a été conçu, à partir d’un questionnaire rempli par le patient. Il permet d’établir le profil bio nutritionnel du patient à un moment donné mettant en évidence les pourcentages des différents terrains. Il permet également de proposer une cure bio nutritionnelle personnalisée à base de micronutriments et d’oligoéléments spécifiques. Tout ceci en complément d’un régime alimentaire adapté comme le régime originel.

Le traitement de fond comprend une phase de détoxination suivie par une phase de restructuration métabolique. Il a pour objectif non pas de neutraliser les manifestations des dysfonctionnements mais de corriger leurs causes biologiques.

1°  TERRAIN C : CARENCÉ EN AGPI

Ce terrain résulte d’une subcarence globale en micronutriments et en particulier d’une carence chronique en acides gras essentiels qui jouent un rôle prépondérant dans la structuration des membranes cellulaires, et que l’on retrouve en quantités importantes dans les tissus nerveux et cérébraux; les acides gras essentiels (AGE) sont par ailleurs les précurseurs des prostaglandines, molécules régulatrices fondamentales pour l’organisme.

Ce terrain se traduit le plus souvent par une fragilité immunitaire (troubles ORL chroniques, allergies … ). Par ailleurs, la carence en acides gras essentiels peut se manifester par des perturbations de la sphère génitale chez la femme (syndrome prémenstruel, troubles de la cinquantaine), une fragilité des cheveux, des troubles cutanés.

Les acides gras polyinsaturés oméga 6 et oméga 3 : 2 familles en équilibre

Actuellement, certains’ pensent que les acides gras oméga 6 sont nocifs pour l’organisme car ils sont les précurseurs des PGE2, mais la réalité est plus complexe et C’eêit un équilibre entre les différents acides gras polyinsaturés qu’il est important de respecter ou restaurer.

KOUSMINE, MEN GUY et plus récemment DUPIN, ABRAHAM et GIACHETTI (1992) ont étudié les rapports idéaux entre les 2 familles d’acides gras.

Le rapport retenu est de. oméga 6 f oméga 3 compris entre 4 et 10; la valeur optimale étant 6.

Par ailleurs, les acides linoléique et gamma linolénique sont apportés par les huiles végétales et métabolisés au niveau du foie en acide di homo gamma linolénique, puis en acide arachidonique. Ces 2 derniers acides gras, précurseurs directs des PGE1 et PGE2, sont ensuite incorporés dans les membranes cellulaires. Normalement, il devrait y avoir 5/6 d’acide di homo gamma linolénique pour 1/6 d’acide arachidonique. Toutefois, dans la pratique, la quantité d’acide arachidonique est bien trop importante, non en raison d’une synthése endogène excessive à partir de l’acide linoléique, mais suite à un apport trop important de graisses animales

Approche bionutritionelle

Il est nécessaire de maintenir par l’alimentation et les compléments alimentaires un équilibre en AGPI afin de ne pas entraîner un excès de PGE2 au détriment des PGE1 et PGE3.

Pour un bon équilibre en acides gras polyinsaturés, il convient de limiter la consommation de graisses saturées et de consommer des huiles vègétales vierges première pression à froid, ainsi que du poisson 2 à 3 fois par semaine. DUPIN, ABRAHAM et GIACHETTI (1992) préconisent les valeurs suivantes.

acide linoléique 9 à 12 g par jour et par prudence, on peut retenir 15 à 18 g par jour.

acide gammalinolénique : 1,5 à 3 g par jour.

EPA et DHA aux alentour de 1,5 g par jour.

Il est également possible de supplémenter son alimentation avec des huiles d’onagre ou de bourrache riches en acide gamma-linolénique primordial pour la synthèse des prostaglandines 1 (PGE1).

Pour l’assaisonnement, on pourra alterner par exemple des huiles vierges première pression à froid de tournesol (oméga 6), de colza ou de noix (oméga 6 + oméga 3) et d’olive (acides gras monoinsaturés, antioxydants de qualité). Il est également possible de saupoudrer ses salades, compotes.. de graines de courge ou de lin (60% d’acide alpha linolénique) biologiques.

Par ailleurs, le DHA et l’EPA, AG de la lignée oméga 3 et précurseur des prostaglandines de type 3, se trouvent à l’état naturel dans la chair des poissons des mers froides se nourrissant de phytoplancton. Seuls les poissons gras sauvages (saumon, maquereau, sardines … ) sont riches en DHA et en EPA. Les poissons d’élevage ont une composition en acides gras différente, qui est le reflet de leur alimentation (utilisation d’huiles végétales ou de farines animales .. ).

2°  TERRAIN H : HYPOGLYCEMIQUE

Le glucose est le carburant permettant à toutes nos cellules de bien fonctionner. L’organisme doit donc en tenir à la disposition des cellules, c’est pourquoi il le stocke sous forme de glycogène dans le foie et dans les muscles.

Si le sucre est une substance indispensable à notre organisme et à son mètabolisme, il peut aussi se révéler être un agent très néfaste. On a coutume de parler de « bons» et de « mauvais» sucres. Le sucre blanc raffiné, présent dans les sucreries, pâtisseries, sodas, jus de fruits du commerce … est le type même du mauvais sucre.

Rapidement absorbé dans le sang, le saccharose induit un pic brutal d’hyperglycémie. Le pancréas sécrète de l’insuline en abondance pour favoriser le stockage tissulaire du glucose. Une hypoglycémie réactionnelle apparaît dans les heures qui suivent (voir schéma) et relance le besoin de consommation de sucre. Elle s’accompagne d’une sensation particulière, dénommée communément « coup de pompe» qui intervient le plus souvent en fin de matinée ou d’aprèsmidi. C’est à ce moment que s’ouvre la porte sur le cercle vicieux si l’on ingère à nouveau du sucre rapide pour faire face au malaise de l’hypoglycémie.

Le café, qui favorise la libération d’insuline, possède le même défaut.

En revanche, l’alcool, en inhibant la glycogénèse, induit, quant à lui, une hypoglycémie secondaire …

Des tests d’hyperglycémie provoquée sur 4 heures, réalisées en laboratoire d’analyses médicales, révèlent ces hypoglycémies réactionnelles chroniques et révèlent leur grande fréquence dans la population.

Troubles cliniques liés au terrain Hypoglycémique

Les hypoglycémies réactionnelles chroniques sont extrêmement nocives pour l’organisme. Lorsque les cellules de l’organisme, en particulier cérébrales, manquent de glucose, elles fonctionnent mal et «souffrent ». Ce dysfonctionnement est à l’origine d’une grande diversité de troubles fonctionnels (LESSER 1987) (PFEIFFER 1988) :

– dépression

– anxiété

– étourdissements

– coup de pompe, asthénie

– assoupissements

– manque de sensation

– hyperémotivité

– irritabilité

– maux de tête

– spasmes musculaires

– angoisses

– insomnie

– convulsions

– syndrome prémenstruel

– indigestion chronique …

En général, on observera une prédominance des affections à caractère neurologique et la rythmicité des troubles. Par ailleurs, l’hypoglycémie réactionnelle entraîne une surconsommation cellulaire d’oligoéléments et de vitamines B pour assurer les besoins d’adaptation. A long terme, le terrain hypoglycémique épuise l’organisme, provoque des désordres métaboliques entraînant une sensation incontrôlable de fatigue et conduit souvent à une surcharge pondérale marquée (obésité).

Approche bionutritionnelle

Les personnes présentant un terrain hypoglycémique seront sans conteste améliorées par le régime originel. Elles pourront être plus strictes quand à la consommation d’alcool et de café. Le sucre complet, mieux toléré que le sucre raffiné car il apporte le facteur de tolérance au glucose, devra être consommé avec modération et en présence de fibres qui ralentiront son absorption.

La prise de compléments nutritionnels apportant des vitamines B, des minéraux dont le chrome (rôle régulateur sur la glycémie) et des acides gras essentiels auront un effet régulateur intéressant. Le petit déjeuner devra apporter des protéines plutôt que des sucres rapides: fruit + riz aux raisins de corinthe ou riz au lait d’avoine… Il sera également possible d’utiliser si besoin une préparation hyperprotidique sans protéine de lait de qualité réunissant les acides aminés essentiels à des taux optimums (index protéique> 100).

TERRAIN A : ACIDE

1 – Définition – Présentation

a – Un pH sanguin optimal proche de 7,4

La valeur optimale du pH sanguin est de 7,42, légèrement basique. Ses variations ne restent compatibles avec la santé qu’entre 7,36 et 7,42. Il Y a acidose au-dessous de 7,36 et alcalose au-dessus de 7,42.

Le pH joue un rôle très important car la forme moléculaire des protéines en dépend ainsi que de très nombreuses activités enzymatiques.

b – Neutralisation des acides Des systèmes tampons élaborés

Le maintien du pH sanguin, dans une fourchette réduite de valeurs, repose sur le principe, aujourd’hui bien connu, de l’homéostasie.

Pour y parvenir, l’organisme met en jeu des systèmes tampons très performants et d’autant plus efficaces qu’ils doivent faire front à de nombreux éléments perturbateurs, au premier rang desquels se situe l’alimentation.

L’action des systèmes tampons repose toujours sur le même principe:

Acide fort + Tampon ~ Sel neutre + Acide faible

L’élimination pulmonaire et rénale

Outre l’intervention de ces systèmes tampons, qui jouent leur rôle de maintien de l’homéostasie sanguine, l’organisme doit également se libérer de tous les acides issus de son métabolisme et de l’action des fameux tampons.

Les poumons et les reins sont chargés de cette évacuation:

les poumons – qui assurent plus de 90% de la désacidification de l’organisme – vont rejeter tous les acides « volatils » provenant surtout de la dégradation des protéines végétales; essentiellement acides organiques faibles tels qu’acides citrique, oxalique, pyruvique, … qui seront transformés en acide carbonique puis en gaz carbonique qui sera expulsé vers le milieu extérieur par la respiration.

les reins vont rejeter les autres acides, « non volatils » provenant surtout de la dégradation des protéines animales; pour la plupart, ce sont des acides minéraux forts tels qu’acides phosphorique, sulfurique ou urique.

De plus, la différence entre ces deux voies d’élimination est que la première, pulmonaire, est rapide et adaptable (par augmentation de l’amplitude respiratoire) alors que la seconde, rénale, est lente et peu adaptable.

L’élimination cutanée est limitée (sueur odorante acide) ; elle peut s’accompagner d’une dermatose prurigineuse.

2 – Circonstances d’apparition d’une acidose tissulaire

La cause essentielle de l’acidose est alimentaire. Elle résulte d’un excès d’aliments acidifiants et pauvres en

minéraux et d’un manque d’aliments alcalinisants ..

Par ailleurs il existe une troisième catégorie d’aliments, les produits acides riches en minéraux et en acides: citrique pour le citron, malique pour la pomme et le cidre … Ils auront un effet alcalinisant chez les personnes ayant une bonne activité enzymatique. En effet, les acides seront alors métabolisés en acide carbonique éliminé par les poumons, et les minéraux à fonction basique apportés (potassium, calcium, magnésium … ) auront un effet alcalinisant (VASEY 1991).

En revanche, les personnes présentant une faiblesse métabolique et enzymatique qui pourra s’exprimer par une frilosité, nervosité excessive, fatigabilité, physionomie longiligne, possèdent une faible capacité de combustion des acides qui seront stockés et contribueront à l’acidification de l’organisme.

Les corrections alimentaires ne viseront pas à supprimer tous les aliments acidifiants (il s’en suivrait une carence protéique néfaste), mais l’objectif sera de veiller à un équilibre entre produits alcalinisants et acidifiants en supprimant, comme préconisé dans le régime originel les sodas, sucreries, produits raffinés et en consommant une quantité importante de légumes de qualité.

Le stress, le surmenage, le manque de sommeil, les troubles colitiques et les pathologies chroniques contribuent également à l’acidification du terrain.

C’est pourquoi les terrains neurodystoniques, colitiques et acides cohabitent très souvent.

Les carences en vitamines et oligoéléments et la sédentarité (sous-oxygénation) entraînent une baisse de la métabolisation et de la combustion des acides responsable d’une acidification de l’organisme par accumulation de dérivés intermédiaires le plus souvent acides.

En revanche, l’activité physique favorise l’élimination pulmonaire des acides volatils et stimule l’ensemble des émonctoires … mais une activité sportive très intense a une action acidifiante (production d’acide lactique).

Les phénomènes digestifs (fermentation et putréfaction) entraînent la formation de nombreux sous-produits dont plusieurs acides; ces derniers, réabsorbés et réintroduits dans la circulation sanguine, font chuter son pH.

L’insuffisance d’élimination rénale favorisera l’accumulation des produits acides.

3 – Conséquences de l’acidose tissulaire

a – Epuisement des réserves basiques naturelles

Lorsque le pH sanguin tend à baisser, le phosphate de calcium du tissu osseux tend à se solubiliser pour passer

dans la circulation sanguine où il peut capter les ions H+ en excès. Lors d’acidose chronique, on peut assister à un véritable épuisement de cette réserve osseuse et à une forte déminéralisation.

Les troubles de décalcification rencontrés lors de la ménopause sont sans doute en relation avec l’existence de ce système.

Le pillage tissu osseux entraîne sa fragilisation qui se traduit par des caries, des douleurs osseuses et articulaires, de l’ostéoporose et une atteinte des phanères (cheveux, ongles).

b – Encrassage des tissus et dysfonctionnement des cellules

Lorsque l’organisme tend à produire un excès d’acides, cet excès est dévié vers le tissu mésenchymateux en attendant d’être expurgé. En général, cette phase de « stocl<age » se produit le jour. Au cours de la nuit le mésenchyme restitue les molécules acides pour qu’elles soient éliminées ce qui explique la forte acidité des urines nocturnes.

Notons que la substance colloïdale, composant important du mésenchyme, n’a pas les mêmes caractéristiques physicochimiques selon son pH ; en effet, en milieu acide, elle a tendance à devenir un gel, alors qu’à l’état normal elle est sous forme sol. Cette situation correspond encore à un état instable d’équilibre physico-chimique. C’est la forme sol (basique) qui correspond à sa nature idéale et permet son fonctionnement optimal (BESSON 1991).

Dès lors, une surcharge du tissu mésenchymateux en acides entraîne un dysfonctionnement et, par voie de conséquence, des troubles au niveau des organes baignés par cette substance:

– anoxie et souffrance cellulaire

– auto-intoxication cellulaire

– mauvais échanges trophiques

– sénescence exagérée des tissus

– irritation des tissus par l’acide.

Les conséquences pathologiques de ces phénomènes sont les douleurs musculaires et tendineuses, les crampes musculaires, les gingivites, l’irritation de la peau et des yeux, l’encrassage des émonctoires avec des calculs biliaires ou rénaux.

4 – Identifier une acidose

Il existe un moyen simple de contrôler son état d’acidité/alcalinité et d’en surveiller l’évolution. Il suffit de tester le pH des urines trois fois par jour (2° urine du matin, avant les repas du midi et du soir), avec une bandelette de papier pH.

La première urine du matin est toujours acide car elle reflète le travail d’épuration nocturne.

En situation normale, les urines sont plutôt neutres basiques, avec un pH se situant entre 7 et 7,5.

5 – Approche bio nutritionnelle

Face à une acidose, la première attitude consistera à adopter une alimentation adaptée de type originel, ce qui permettra de diminuer les aliments acides, augmenter la nourriture basique et prendre un repas léger le soir. Les personnes présentant une faiblesse métabolique veilleront à diminuer les aliments acides.

Une bonne oxygénation (activité physique ou sportive régulière) est également d’indication judicieuse, puisqu’elle va favoriser l’élimination pulmonaire des acides volatils et, de façon plus générale, stimuler tous les émonctoires.

Pourtant, ces « corrections » à elles seules ne suffisent pas toujours. Les facteurs de stress sont nombreux, la sédentarité et la pollution urbaine nuisent à une bonne oxygénation …

Des cures régulières de micronutriments et d’oligoéléments spécifiques deviennent alors nécessaires.

Ces compléments doivent être riches en sels minéraux basiques donc liés à un acide faible (carbonates ou citrates de calcium, magnésium, potassium … ) issus de produits naturels. Ils doivent également contenir les vitamines du groupe B nécessaires à la plupart des processus métaboliques concernés, notamment B3, B5 et B6.

Par ailleurs, on pourra compléter leur action en consommant une eau de Vichy riche en carbonates, mais sans abus car elle apporte aussi du sodium (pas plus de 10 à 15 jours par mois).

4°  TERRAIN N : NEURODYSTONIQUE

Ce terrain résulte se traduit essentiellement par une sensibilité aux agressions pouvant aboutir au véritable stress (SGA ou Syndrome Général d’Adaptation de Hans SEYLE), par un épuisement nerveux, une tension et une irritabilité fréquente, entraînant des troubles du sommeil et des difficultés relationnelles avec son entourage familial et professionnel. Il pourra évoluer vers un épuisement de l’organisme s’accompagnant d’une fatigue chronique et d’un état dépressif.

1 – Micronutriments et santé mentale

De nombreuses études scientifiques ont mis en évidence le rôle fondamental de certains micronutriments dans la communication interneuronale au niveau des synapses. Des facteurs de protection contre les processus dégénératifs cellulaires neuronaux se retrouvent également parmi les micronutriments (MASSOL 1994).

L’origine de la plupart des composants des tissus.neurologiques et des neuromédiateurs est alimentaire.

Les protéines, essentielles au renouvellement des structures protéiques cérébrales, apportent des acides aminés jouant également un rôle fondamental en tant que précurseurs des neuromédiateurs ou neurotransmetteurs:

tryptophane pour la synthèse de la sérotonine

phénylalanine et tyrosine: précurseurs de la dopamine et de la noradrénaline acide glutamique pour le GABA

choline et lécithine (œuf, soja) pour l’acétylcholine.

glycine, aspartate, glutamine sont eux-mêmes des neuromédiateurs.

Par ailleurs, ces neuromédiateurs n’agissent que si les neurones qu’ils doivent stimuler possèdent des récepteurs spécifiques efficients. De plus, les diverses réactions enzymatiques permettant la synthèse des neurotransmetteurs sont dépendantes du taux de micronutriments catalyseurs et cofacteurs: oligoéléments et vitamines B. D’autres micronutriments ont leur importance : les acides gras polyinsaturés, constituant des phospholipides membranaires, participent à l’intégrité des neurones, les antioxydants freinent les dégénérescences cérébrales en protégeant les structures neuronales de l’agression des radicaux libres.

Tout dysfonctionnement du système des neuromédiateurs, au niveau de l’apport, de la synthèse ou du catabolisme, suite à des carence en micronutriments, encrassages cellulaires et tissulaires, influencera le comportement, les émotions et sera à l’origine de troubles neurodystoniques (WURTMAN 1981) (PFEIFFER 1988) (LESSER 1987) (BOURRE 1990) :

hyperémotivité

– mal de vivre, dépression

– obsessions, peurs, phobies (insectes, ascenseurs .. )

– agitation

– colère

– anxiété …

2 – Le stress

Endogènes ou exogènes, les causes du stress sont multiples et nombreuses. Citons à titre d’exemple: – tous les traumatismes physiques (blessures, brûlures, coupures … )

– toutes les perturbations sensorielles (bruits, odeurs, flash lumineux … )

– toutes les situations où intervient un facteur psychologique fort, qu’il soit positif ou négatif (peurs, contraintes

familiales, relationnelles, professionnelles, ruptures, maladie, deuil, mais aussi mariage, naissance, déménagement. .. ).

Chacun, bien sûr, possède sa sensibilité propre, sa nature et son terrain, qui expliqueront des seuils et des intensités de réponses différents. En général, on observe trois phases successives: la réaction d’alarme très fugace permettant d’analyser la situation est suivie par la phase de résistance plus longue, puis par une réponse d’adaptation (retour à l’homéostasie, disparition des éventuels symptômes). C’est la « bonne» réponse de stress, qui aboutit à un épanouissement de l’individu. Psychologiquement, l’expérience est positive, biologiquement, la sécrétion hormonale est adaptée.

Mais, si les mécanismes d’adaptation sont dépassés, l’organisme atteint alors la phase d’épuisement organique. C’est la « mauvaise» réponse de stress, syndrome de désadaptation, qui s’accompagne d’anxiété, nervosité, ruminations psychologiques, et provoque une sensation de détresse et un vieillissement prématuré.

La biologie du stress

Le point de départ est cérébral. L’information du stress arrive au cerveau, de là deux voies d’évolution sont possibles:

La première « stress aigu}) se rencontre chez les individus à caractère dominant ou qui gardent le contrôle de la situation stressante.

La seconde apparaît plutôt chez les individus à caractère dominé ou qui perdent le contrôle de la situation stressante.

le stress aigu: une réponse adrénergique

Dans le premier cas « stress aigu », on assiste à une poussée de sécrétion d’adrénaline. L’hypothalamus est activé puis, par la voie du sympathique, la médullo-surrénale stimulée. Cette réponse adrénergique provoque une réaction défensive d’urgence (l’adrénaline agit sur le cœur, les muscles et le foie; elle provoque aussi une libération de sucre). C’est la fuite devant l’agent stressant, ou le combat contre cet agent. l’individu tend à vouloir conserver le contrôle de la situation, par la force s’il le faut, ou bien préfère s’enfuir pour éviter sa destruction.

Des expérimentations récentes tendent à démontrer l’existence d’une seconde « cascade» de réactions dans cette même voie; elle mettrait en jeu une production importante d’acétylcholine, laquelle stimulerait les ganglions nerveux du système nerveux autonome qui, à leur tour, produiraient alors de la noradrénaline.

le stress chronique: une réponse cortisolique

La seconde voie «stress chronique », produit du cortisol en abondance. L’activation de l’hypophyse entraîne une sécrétion d’ACTH qui stimule la cortico-surrénale, d’où une réponse cortisolique. Cette réponse correspond à une adaptation en forme de soumission face à l’agent stressant: l’individu ne fuit pas et ne combat pas, ou bien très peu et insuffisamment pour neutraliser l’agent stressent, il tend à « accepter» la pression. C’est une situation potentielle « d’inhibition d’action », comme l’a très bien expliqué et démontré Henri LABORIT (Eloge de la fuite et mon Oncle d’Amérique), qui peut s’auto-entretenir (tant dans ses composantes psychologiques que dans ses composantes physiologiques ).

Les mauvaises réponses du stress sont donc liées à l’emballement de la réponse d’adaptation qui, à la longue, génère des pathologies fonctionnelles puis organiques. L’organisme s’épuise dans une tentative répétée et inefficace d’adaptation et de retour à l’homéostasie et les emballements sécrétoires sont responsables de carences en vitamines et oligoéléments.

3 – Approche bionutritionnelle

Le régime ancestral, source de vitamines, oligoéléments et acides gras apportera une nette amélioration de ce terrain. Il sera important d’éviter café et caféine, tabac, alcool.

_ La caféine (café, thé, coca … ) qui est corrélé à la sévérité des troubles et provoque une perte de zinc, fer, chrome et calcium.

– Le tabac peut altérer le comportement du fait de la présence de monoxyde de carbone, de nicotine et de carences fréquentes en vitamine C. En outre, il stimule la sécrétion d’adrénaline et de cortisol.

– L’alcool, à l’origine d’une sécrétion accrue de cortisol, intervient dans une infinité de processus métaboliques et perturbe les cycles normaux du sommeil.

Par ailleurs, un apport de divers nutriments, sera un bon complément:

– Vitamines en particulier du groupe B qui participent à la synthèse des neurotransmetteurs

– Acides gras essentiels (amélioration des communications intercellulaires, régulation des neurotransmetteurs)

– Minéraux et oligoéléments pour relancer l’ensembles des cascades enzymatiques.

Des plantes comme l’aubépine, le millepertuis, le kawa ou la partenelle possèdent également un effet sérénisant, d’autant plus que leur action est potentialisée par l’apport simultané d’oligoéléments ANTON et WICHTL 1999).

Des préparations désacidifiantes seront indiquées dans les cas où un terrain acide est sous-jacent et entretient la neurodystonie (agression du tissu nerveux, stimulation du système adrénergique).

La synthèse de la sérotonine, neurotransmetteur essentiel dans la régulation de l’humeur et du comportement, est directement proportionnelle aux concentrations sanguines de tryptophane. Or, il s’agit d’un acide aminé assez rare, présent surtout dans les protéines animales et dans le soja. Il peut parfois être utile de compléter l’alimentation avec des préparations hyperprotidiques de qualité riches en acides aminés.

Lors de troubles du sommeil, la prise de protéines apportant des acides aminés essentiels le matin permet une utilisation cérébrale du tryptophane optimale le soir. La synthèse de sérotonine qui en découle favorise alors un meilleur endormissement.

Diverses études ont montré que le mercure et d’autres métaux lourds favorisent l’apparition de dépressions; ces résultats ont été corroborés en 1994 par des études réalisées sur le mercure dentaire (MONTAIN 1999). Il sera bon de faire le point avec un dentiste dans le cas de présence d’amalgames.

Certains solvants, les pesticides, herbicides et autres toxiques chimiques, peuvent avoir une action néfaste sur le système nerveux.

l’exercice physique régulier, en augmentant les niveaux d’endorphines et en permettant d’évacuer les idées noires est un moyen de lutte efficace contre le stress, l’anxiété, l’épuisement, l’insomnie …

les pensées positives, un suivi psychologique, une meilleure gestion du stress … pourront être un complément précieux.

5-  LE TERRAIN B : BASO COLITIQUE

1 – La microflore intestinale

A la naissance, l’intestin ne contient pas de germes. En un ou deux jours, une flore microbienne spécifique se développe et forme un véritable organe symbiotique qui assure un rôle essentiel sur de multiples fonctions de l’organisme, tout au long de la vie de l’individu. L’équilibre de cette flore est fondamental.

La flore de fermentation est présente dans la deuxième partie de l’intestin grêle et s’étend jusqu’au colon transversal, avec un maximum d’activité au niveau du caecum. Constituée essentiellement par des ferments lactiques et des bifidobactéries, elle permet la fermentation acide des glucides complexes (polysaccharides, fibres), d’où une libération d’acides organiques (lactique, acétique, propionique … ) et de gaz carbonique.

A l’état normal, elle prédomine au niveau du colon ascendant et y maintient un pH acide. En revanche, la flore de putréfaction prédomine dans le colon descendant. A ce niveau, les protéines subissent un processus de putréfaction et donnent naissance à des corps aromatiques (ammoniac, H2S, indole, scatole … ) et à des produits alcalins dont les ptomaïnes, amines toxiques. Ces toxines sont assimilées et inactivées au niveau du foie (gluco et sulfo-conjugaisons) puis éliminées par les urines (BESSON et coll. 1993). Le déroulement de ces phénoménes est illustré par la figure 83. Normalement, la flore protectrice de fermentation s’oppose à la prolifération de bactéries pathogènes ainsi qu’au développement de la flore de putréfaction qui, lorsqu’elle est excessive, devient irritante pour le colon et génère des composés toxiques pour le foie. Cependant, des repas trop riches en viande, pris « sur le pouce» et en oubliant de mastiquer correctement fournissent des matières intestinales trop riches en protéines, d’où le développement exagéré de la flore de putréfaction. Par ailleurs, lors d’un manque de fibres la flore de fermentation se raréfie et la barrière acide s’affaiblit. La flore de putréfaction remonte alors dans le grêle, entraînant météorisme, ballonnements, haleine fétide, ainsi que la production de substances toxiques (cancérigènes pour certaines).

2 – Les probiotiques et les prébiotiques pour l’équilibre intestinal

a – Les probiotiques

Les probiotiques sont des micro-organismes, bactéries ou levures non pathogènes et non toxiques, qui contribuent à l’équilibre de la flore intestinale en favorisant le développement de la flore de fermentation.

Ils permettent donc de lutter contre les différents troubles du transit (accéléré, ralenti, ballonnements … ), les troubles digestifs et de prévenir des désordres plus larges.

Les lactobacilles

Eléments importants de la flore de fermentation, les lactobacilles, améliorent la digestion du lactose et produisent une grande quantité d’acide lactique. Cette production d’acide évite la prolifération de la flore de putréfaction qui ne peut se développer en milieu acide et neutralise les excès d’ammoniaque et d’amines toxiques. Ils renforcent également les défenses immunitaires locales et générales (favorisent la production d’lgA sécrétoires dans la lumière intestinale, stimulent l’activation des macrophages et des structures lymphoïdes).

Les Lactobacilles utilisés vivants pourraient prévenir l’initialisation de cancers ou le développement de cellules tumorales, soit en détruisant des substances cancérigènes telles que les nitrosamines, soit en inhibant le développement de bactéries productrices d’enzymes telles que béta-glucosidase et béta-glucuronidase, qui catalysent la transformation de substances précancérigènes en substances cancérigènes. Ils semblent également favoriser la suppression des cellules tumorales en augmentant l’activité des macrophages de la muqueuse intestinale par stimulation de l’immunité locale.

– Les lactobacilles casei, acidophilus et rhamnosus, ont une bonne résistance aux sucs gastriques et aux sels biliaires. La souche Lactobacillus GG est particulièrement intéressante comme le démontrent les nombreuses études de l’Institut Rosell (SAXELlN1997). En revanche, le lactobacillus bulgaris, ferment classique du yaourt et absents de la flore normale endogène de l’homme résistent très mal à l’acidité gastrique et présentent une faible capacité de survie dans l’intestin.

– Les bifidobactéries

Elles possèdent une assez bonne résistance aux sucs gastriques et contribuent à la synthèse des vitamines dans l’intestin, notamment celles du groupe B. Elles facilitent également l’absorption de ces nutriments en stimulant l’activité enzymatique.

b – Les prébiotiques

Les prébiotiques stimulent de façon sélective la croissance et l’activité de la flore intestinale en respectant l’écosystème propre à chaque individu. Ils sont principalement constitués par:

– Les fibres solubles (pectines).

– Les fructooligosaccharides (FOS), glucides d’origine végétale tels que l’inuline

– Les céréales fermentées.

Ces dernières ne contiennent plus les bactéries vivantes qui se sont multipliées lors de la fermentation, mais renferment de nombreux métabolites essentiels libérés par les micro-organismes pendant le processus de fermentation.

Propriétés

– La consommation quotidienne de prébiotiques permet d’améliorer le transit intestinal.

L’effet barrière de la flore de fermentation contre le développement de certaines bactéries délétères et potentiellement

pathogènes est renforcé :

. les métabolites présents dans le milieu s’opposent à l’implantation des germes et favorisent la sécrétion d’lgA

. les fructooligosaccharides (inuline) permettent de produire des acides gras volatils responsables de l’acidification du

côlon droit qui renforce cet effet barrière .

– Les céréales fermentées sont une source de métabolites et d’enzymes nécessaires à l’écosytème intestinal. Elles renforcent l’activité enzymatique digestive.

Alors que la vitesse d’action des enzymes digestives est très rapide, celle d’un certain nombre d’enzymes bactériens est lente. Les bactéries exigent que les résidus alimentaires séjournent pendant un temps suffisant (une dizaine d’heures) dans le côlon pour pouvoir accomplir leur travail d’hydrolyse. D’ailleurs, lors d’un transit accéléré, on constate une diminution de la digestibilité de la cellulose.

Une irritation gênante de la paroi intestinale accompagne très souvent ces déséquilibres digestifs.

Les acides gras à courte chaîne (AGCC) produits par l’inuline fournissent une source d’énergie pour les cellules épithéliales dont ils stimulent le renouvellement. En dehors de ce rôle de nutriment les AGCC participent à la régulation des processus normaux de la digestion.

Les antioxydants végétaux comme les polyphénols contribueront à diminuer l’inflammation.

Par ailleurs, la glutamine est un nutriment particulièrement intéressant. Cet acide aminé est la première source d’énergie de l’intestin grêle, il est indispensable au maintien de la trophicité de son épithélium. Son captage intestinal électif (absorption active grâce à une pompe sodium dépendante) contribue à lutter contre l’atrophie villositaire et ses complication potentielles d’hyperperméabilité et de translocation bactérienne.

Principal nutriment des entérocytes, la glutamine fournit d’une part l’énergie et d’autre part l’azote pour la synthèse des bases puriques et pyrimidiques de l’acide nucléique, il s’agit donc d’un micronutriment de choix pour favoriser la régénération des cellules intestinales et contribuer à l’intégrité de cette membrane.

3 – Approche bionutritionnelle

Les troubles témoignant d’un déséquilibre intestinal (transit accéléré, ralenti, flatulences, ballonnements, colites … ) seront améliorés par le régime ancestral riche en fibres (prébiotiques) et sans excès de viande. Il sera toutefois nécessaire de compléter ce régime, comme le précise Jean SEIGNALET, par la prise de probiotiques et prébiotiques, l’altération de l’équilibre intestinal et l’agression de la paroi intestinale étant au centre des théories des pathologies d’encrassage, d’élimination et autoimmunes.

Pour les probiotiques, les compléments alimentaires devront apporter suffisamment de germes sous une forme revivifiable.

Concernant les prébiotiques, une préparation complète apportant des fibres solubles et insolubes et des céréales fermentées riches en enzymes et peptides prébiotiques sera plus efficace qu’un apport isolé de fibres. Par ailleurs, l’association d’antioxydants végétaux (citroflavonoïdes) et de glutamine (principal carburant des entérocytes) sera du plus haut intérêt pour accélérer la restauration de la muqueuse du grêle. Jean SEIGNALET préconise notamment la glutamine dans les cas d’une hyperperméabilité du grêle réfractaire.

Il sera également bénéfique de manger les protéines le matin et à midi et peu au repas du soir pour limiter le développement de la flore de putréfaction. Les fruits frais seront mieux tolérés entre les repas (10 H, 17 H) qu’en fin de repas (ils favorisent alors les ballonnements).

Il est important de manger dans le calme en prenant son temps, mâcher longuement les aliments, éviter de parler tout en mangeant et de boire en début et pendant les repas.

6-  TERRAIN I : INTOXIQUE

1 – Définition – Présentation

Ce terrain regroupe tous les déséquilibres liés aux toxines endogènes et aux toxiques exogènes.

Les excès alimentaires, en particulier de viande, de graisses saturées, de sucreries, ou une insuffisance des systèmes d’élimination (saturation, faiblesse métabolique d’origine génétique … ) favorisent l’évolution vers un terrain intoxiqué.

Ce terrain est également favorisé par les polluants divers comme tabac, alcool, métaux lourds (amalgames dentaires en particulier), pesticides, polymédications, solvants organiques, gaz d’échappement… (KIEFFER 1993). Les pollutions électromagnétiques (exposition intensive aux téléviseurs, ordinateurs, téléphones portables) constituent un facteur aggravant en entravant la catalyse enzymatique.

Ce terrain intoxiqué prédisposera à l’apparition de troubles métaboliques divers: – troubles cardiovasculaires, .

– céphalées,

– douleurs diffuses,

– hyperglycémie et dépôts graisseux,

– excès de cholestérol,

– excès d’acide urique,

– prise de poids …

2 – Une source d’intoxication fréquente: les problèmes dentaires

Les foyers ou irritations bucco-dentaires peuvent déclencher des phénomènes pathologiques à distance (KOUBI 1983). Ils interviennent comme un facteur aggravant ou déclenchant d’un désordre. Les problèmes dentaires sont variés:

– Infection

– Inflammation

– Matériaux utilisés en dentisterie (alliages apportant des métaux lourds, pâtes d’obturation à la cortisone) qui pourront

être une source non négligeable de toxines.

– Troubles de l’occlusion buccale (KOUBI 1983).

Cas particulier des métaux lourds

Les métaux lourds comme le cadmium, plomb, mercure, nickel, étain, aluminium… sont des polluants dangereux fréquemment présents dans notre environnement:

– L’air, la terre … et les aliments sont pollués par les métaux lourds relargués par certaines industries (raffinage du pétrole, piles électriques, peintures … ).

Presque tous les aliments contiennent, en plus des pesticides, du plomb en quantité variable ou du mercure (poissons).

– Les pansements gastriques à base de gel d’alumine, les gaz d’échappement (plomb), la fumée du tabac (cadmium) , certains déodorants (aluminium) … sont des polluants courants.

– L’eau du robinet contient du chlore, des nitrates, mais également de l’aluminium dans certains cas (utilisation d’un gel d’alumine comme désinfectant). Il vaut mieux boire de l’eau de source faiblement minéralisée comme Volvic ou Mont Roucous.

– Les amalgames dentaires à base de mercure, d’étain et de cadmium présentent un réel danger pour la santé. Ils sont d’ailleurs déjà interdits dans certains pays, chez les femmes enceintes, les insuffisants rénaux … Le mercure se solubilise sous l’effet de la température buccale ou par électrolyse et s’accumule dans l’organisme (MURRAY et VIMY 1998).

Les métaux lourds entraînent diverses perturbations cellulaires:

Ils antagonisent de nombreux oligoéléments tels que le zinc, cuivre, fer, manganèse, calcium, magnésium et inhibent les systèmes enzymatiques.

Ils encrassent les tissus ou cellules, provoquent un stress oxydatif et sont pro-oxydants.

Le plomb par exemple, est impliqué avec le cadmium, dans la mortalité cardio-vasculaire.

Le mercure s’accumule dans le système nerveux, foie, reins, cerveau, induisant de nombreux troubles …

Neutralisation des métaux lourds

– Le glutathion et les composés soufrés, comme la taurine, la méthionine et la cystéine jouent un rôle important dans la neutralisation et la détoxification des métaux lourds et sont antioxydants. Ils protègent les enzymes de l’action des métaux lourds qui possèdent une forte affinité pour les fonctions « thiol » (SH), omniprésentes dans les enzymes. Le glutathion fixe les métaux lourds comme le mercure qui peut alors passer dans la circulation et être excrété.

– Le sélénium interagit dans l’organisme avec de nombreux métaux lourds pour former le plus souvent des séléniures biologiquement inactifs. Par ailleurs, le Sélénium favorise la fixation du Mercure et du Cadmium par des composés soufrés.

Ces phénoménes se produisent également avec des concentrations physiologiques en Sélénium qui s’avèrent suffisantes pour la détoxification des métaux lourds.

– Le zinc, notamment catalyseur de la Super Oxyde Dismutase possède des propriétés antioxydantes. Il intervient dans la neutralisation et l’élimination du mercure et des métaux lourds.

3 – Approche bionutritionnelle

Face à un terrain intoxiqué, il faudra limiter au maximum les sources d’intoxination et compléter le régime hypotoxique originel par la prise de micronutriments permettant de relancer les fonctions d’élimination de l’organisme: draineurs pour stimuler l’ensemble des émonctoires, oligoéléments catalyseurs notamment des cytochromes P450, composés soufrés participant à la sulfoconjugaison hépatique.

Par ailleurs, les antioxydants, acides gras essentiels et cofacteurs enzymatiques pourront être pris en cures pour restructurer le terrain.

Il pourra être également intéressant de s’assurer de l’absence de foyers dentaires. Dans le cas de la présence de métaux

lourds, une association équilibrée d’antioxydants permettra de neutraliser leurs effets pro-oxydants. Le gluthation et les acides aminés soufrés dont la taurine jouent un rôle important dans les phénomènes de détoxification : fixation sur les fonctions thiol, puis élimination des métaux lourds.

Enfin, étant donné l’interaction entre les métaux lourds et les minéraux, il est indispensable d’apporter à l’organisme un complexe équilibré d’oligoéléments (Zinc, Manganèse, Sélénium, Magnésium, Calcium … ).

7- TERRAIN O : OXYDÉ-DENATURÉ

Le Terrain Oxydé-Dénaturé, conséquence d’une faiblesse congénitale ou faisant suite aux terrains précédents, se caractérise essentiellement par une surproduction de radicaux libres, molécules particulièrement nocives pour les cellules (agression et altération du tissu conjonctif, des protéines, des acides nucléiques, des membranes cellulaires). Directement impliqués dans la plupart des phénomènes dégénaratifs cellulaires, ils doivent être captés et neutralisées dès leur formation.

La consommation régulière de toxiques chimiques, le recours quotidien à des excitants (tabac et alcool en particulier), l’exposition répétée à des radiations ionisantes ainsi qu’aux rayons solaires sont parmi les facteurs les plus propices à l’apparition et au développement des Radicaux Libres.

Les signes les plus visibles d’une surproduction de Radicaux Libres, se manifestent au niveau de la peau (développement accéléré des rides et des ridules, cernes sous les yeux, tâches cutanées) mais cette fragilité cellulaire a aussi de nombreuses répercutions internes, resl=4Onsables de troubles différents en fonction des personnes: pathologies cardio-vasculaires, troubles rhumatismaux et inflammatoires chroniques, troubles prostatiques, troubles neurodégénaratifs, autoimmuns, prolifératifs, fibrose et sclérose … (JADOT 1994).

Approche bionuritionnelle

Détoxiquer l’organisme et favoriser le bon fonctionnement cellulaire semble actuellement la seule approche envisageable en matière de thérapie anti-radicalaire, comme l’ont montré de façon remarquable PAULING, KOUSMINE, PFEIFFER, pionniers de la médecine orthomoléculaire. Leurs traitements empiriques sont tous différents, mais curieusement axés sur l’éradication de ces radicaux libres bien avant la mise en évidence de leur nocivité.

A ce jour, il n’a pas été découvert de molécule miracle pour lutter contre les radicaux Libres, malgré de multiples recherches menées au niveau mondial. Aussi, la plupart des troubles pathologiques ainsi occasionnés nécessitent en premier lieu une réactivation enzymatique globale par un apport minéral nutritionnel de l’ensemble des oligoéléments catalyseurs sous une forme facilement assimilable pour:

– optimiser le fonctionnement des émonctoires

– catalyser les enzymes spécifiques de la lutte antiradicalaire (SOD, GSPx)

– favoriser la reconstitution des cellules et tissus lésés.

En plus de cette action primordiale des oligoéléments, il faut avoir recours aux vitamines et facteurs antioxydants (béta carotène, vit E, vit C, polyphénols … ) (LEVY 1988). Ainsi, pour les affections dégénératives, l’efficacité bien connue de la macronutrition gagnera à être associée à la micronutrition qui apporte les atouts d’une véritable induction enzymatique.

Dans le cas de terrain Oxydé-Dénaturé, les antioxydants déjà apportés en quantité notable par le régime ancestral pourront donc être complétés par un complexe antioxydant global (vitamines + oligoéléments + molécules végétales) pour protéger chaque cible cellulaire de l’action des radicaux libres.

Le thé (vert à préparer comme indiqué dans les conseils alimentaires, sinon n’apporte pas d’anti-oxydants), riche en tanins protecteurs pourra remplacer le café, un demi verre de vin par repas apportera du resvératrol présentant un pouvoir antioxydant intéressant. Choisir un vin de qualité, bien plus apprécié par les papilles gustatives et contenant moins de produits chimiques.